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Québec, Canada
En année d'étude en Maîtrise de Journalisme International à l'Université Laval. Et après...

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jeudi 17 avril 2008

Non au dégel !

Une amie, Julia, m'a parlé d'un graffiti sur la cheminée des sous-terrains :



Le dégel en question, ce n'est évidemment pas la fonte des neige mais les frais de scolarité. C'est moins exotique mais tellement décalé à cette période de l'année... 
Car ici, les frais (élevés) étaient à peu près gelés il y a peu, et la décision de les dégeler, c'est-à-dire de les augmenter, a provoqué quelques grèves. Et là, je vous jure, j'ai kiffé ma race, comme dit joliment ma blonde. 
Parce qu'ici, les grèves se votent à la majorité. Si ! Je vous jure ! Et pas une majorité d'opérette à la française du style "ceux qui m'aiment lèvent la main, un-deux-trois c'est bon : la grève est reconduite !" Non, ici il y a des urnes scellées avec un affichage plusieurs jours à l'avance et dans tous le campus. Mais le plus beau ce n'est pas tout ça... Le plus beau c'est que lorsque la majorité vote contre la grève, et bien aussi incroyable que cela puisse paraître : la grève cesse ! 
Je sais, c'est complètement fou et je n'en reviens pas moi-même. Je me souviens fébrile des dernières grèves où une poignée de connards grévistes avait réussi à bloquer un peu plus de 23 000 étudiants. Quand je dis une poignée, c'est que la grève avait été votée , à main levée of course, dans un amphi de 400 places. La moitié des étudiants présents étaient, comme moi, venus voir et n'a pas voté. Reste 200 énervés parmi lesquels : des étudiants de l'extérieur, des chômeurs, des syndicalistes, des non-identifiés et (sic!) un intermittent du spectacle. Tous solidaires, youpi. 
Inutile de vous dire que les votes étaient à peu près partagés mais que comptabilisés à la va-vite, une dizaine de main-levées suffit à achever la bête. La suite, vous vous en souvenez peut-être, des étudiants et des lycéens dans la rue contre un futur contrat d'embauche (le CPE), d'autres qui s'énervent au bout de quelques semaines parce qu'on les empêche de bosser et puis la Sorbonne bloquée par une armada de CRS. 
Parce que quelques jours avant, de gros malins pillaient les livres rares de la bibliothèque, les jetant sur les pavés de la cour intérieure. Extincteurs et échelles à la rue sur les CRS et sus aux banques de données des ordinateurs. Les mêmes qui ont envahi le collège de France voisin, sûrement en pensant y trouver des collégiens à enrôler, ont tellement fait de dégâts que pour rembourser, la fac a été obligé de louer ses salles pour presque un tournage de cinéma ou de TV par semaine dans la fin de l'année. 
C'est d'ailleurs la seule bonne chose que l'on a obtenu de nos révolutionnaires en herbe : sortant de l'un de ces tournages, Fabrice Luchini a accepté de faire une apparition magique à la demande d'un professeur. Et dans un grand amphithéâtre, il a livré un monologue puissant et enflammé dont il est l'un des rares à avoir encore le secret. 


2 commentaires:

--Lolhi-- a dit…

Yeah. C'est vrai que la grève a pas tellement pogné cette fois, mais ya eu de gros mouvements ya quelques années.
Je profite de ton blog - d'une objectivité exemplaire en passant ;) - pour te poster le lien vers mes photos > http://www.photoblog.com/lolhiphop

Pôpa a dit…

J'aime bien ce type de vraie démocratie : ça nous change de la "démogravie", estudiantine ou autre, à la française...